1996-2005

A mon arrivée à Paris je me rendis au Centre Pompidou, voir l’exposition qui s’intitulée "Masculin-Féminin, le sexe de l’art" (oct. 1995-Janv. 1996). On pouvait y voir les oeuvres de certain de mes artistes préférés comme Pablo Picasso (1881-1973), Pierre Molinier (1900-1976), Man Ray (1890-1976), Robert Mapplethorpe (1946-1989), parmi les plus belle en matière d’érotisme.Toutes les disciplines étant représentés autours du nu et de l’érotisme.Paris vivait une sorte de révolution sexuelle. C’était le grand chaud avant le grand froid qui allait suivre. c’est la période où je tentais de réaliser une synthèse intérieur/extérieur.Le challenge était de photographier mes modèles dans l’intimité de mon atelier en donnant l’impression qu’ils étaient pris à l’extérieur, dans un contexte urbain. Les vue urbaine étaient réalisées aux préalables, au fil de mes balades dans les rues de Paris, puis agrandi sur des feuilles argentiques ramenées de mon ancien lieu travail à Toulouse (laboratoire des archives du département). En fonction des thématiques, je plaçais ces images dans mes décors. C’est un travail que j’avais nommé "Fiction urbaine". C’est la période où je fut le plus influencé par le mouvement surréalistes français (1924-1939). c’est bien sur, après coup, au fil de ma production du moment, que je me rendis compte des similitudes avec ce courant artistique. Lorsque je vivais en province, je n’avait jamais ressenti un tel poids de l’histoire et ses drames comme lorsque je parcourais les rues de Paris. Dans mes errances, ce sentiment surréaliste me venait instantanément, à chaque fois que je prenais mon appareil photo. Il se manifestait par une sorte de décalage entre le réel vécu dans son fil et le réel vu au travers de mon viseur.Ce réel m’apparaissait comme dans un rêve. J’opérais ainsi une synthèse entre des impressions rêvaient et des sentiments vécus. c’est une période, aussi, qui correspond à une recherche de la naïveté dans les formes et les couleurs, un peu à la façon de l’œuvre de Marc Chagall. Marc Chagall est certainement le peintre qui m’a le plus ému par son esprit enfantin. Je découvris ses toiles en vrai, pour la première fois à Paris.Je ne les connaissais auparavant, que dans les livres qu’on m’offrait. Certainement du fait de nos origines juives communes, je sentais parfaitement la poésie qu’il exprimait dans ses tableaux proches des dessins d’enfants (les fetes familiale autours de la mystique, les animaux fantastiques etc). c’était une sorte d’expression toute en fragilité, faite de nostalgie d’instants de bonheur passé auprès de ses proches. Et puis surtout un refus du style académique, pour un libre court de la pensée. Cette "période urbaine" correspond aussi à mon vécu dans les squatts d’artistes et de mes rencontres hasardeuses avec des personnages dit étranges, qui comme moi, par fétichisme, attribué une certaine magie aux objets. On appelait ça les fêtes fétichistes, et les jeunes excellaient dans leurs accoutrements fait de cuir et de vinyle. c’est avec ces belles rencontres, dans un esprit de subversion, que je réalisais tout plein de séries, qui au fil des mois pouvaient constituer comme un "bestiaire". Une espèce d’ANTHROPOMOLOGIE, si je puis me permettre d’inventer un nouveau mot !

Jonathan Abbou 2006©
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